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ex. Il fait beau
Selon H. Paul Grice, tout comportement humain est régi par un principe de coopération. C'est notamment le cas lors de la conversation à travers quatre maximes fondamentales héritées de Kant (quantité, qualité, relation (pertinence), manière) :
« Nos échanges de paroles sont le résultat, jusqu'à un certain point au moins, d'efforts de coopération; chaque participant reconnaît dans ces échanges (toujours jusqu'à un certain point) un but commun ou un ensemble de buts, ou au moins une direction acceptée par tous. Ce but ou cette direction peuvent être fixés dès le départ (par exemple par la proposition initiale de soumettre une question à la discussion), ou bien peuvent apparaître au cours de l'échange; ils peuvent être relativement bien définis, ou assez vagues pour laisser une latitude considérable aux participants (comme c'est le cas dans les conversations ordinaires et fortuites). Mais à chaque stade certaines manœuvres conversationnelles possibles seraient en fait rejetées comme inappropriées du point de vue conversationnel. Nous pourrions ainsi formuler en première approximation un principe général qu'on s'attendra à voir respecté par tous les participants: que votre contribution conversationnelle corresponde à ce qui est exigé de vous, au stade atteint par celle-ci, par le but ou la direction acceptés de l'échange parlé dans lequel vous êtes engagé » (H. P. Grice, 1979).
Le discours rapporté consiste, pour l'énonciateur, à citer les propos ou les pensées d'un autre énonciateur hors situation.
Selon son degré de prise en charge des propos ou des idées de l'autre, l'énonciateur utilisera divers moyens syntaxiques :
Le style direct permet de rendre compte et de rapporter des propos sans s'impliquer du point de vue de la prise en charge. Pour ce faire il utilise la juxtaposition.
Il a dit : « Il n'est pas beau, ton dessin ! »
Par la citation indirecte l'énonciateur s'implique plus sur sa prise en charge les propos rapporté. Le moyen syntaxique utilisé est la subordination :
Il prétend qu'il viendra.
(mais, le connaissant, je ne pense pas qu'il viendra.( prise en compte)
Pierre m'a annoncé qu'on va partir.
(prise en charge)
Prendre en charge, c'est dire ce qu'on considère ou donne comme vrai. Notons que le mensonge est toujours possible même si les faits sont donnés comme vrais. La prise en charge peut être simulée.
Le rapport entre style direct et style indirect est en fait la possibilité de jouer sur la prise en charge.
Il s'agit d'un effet de style introduit dans les romans au XIXe siècle.
On introduit dans le texte un élément mimant l'échange dialogique. Il y a une combinaison entre le style indirect et l'évocation d'un dialogue ou d'un monologue intérieur. Il n'y a pas de prise en charge de la part de l'auteur-énonciateur.
Le moyen syntaxique utilisé est alors la phrase simple ou la juxtaposition de phrases simples :
C'était décidé, il en avait assez, il ne la reverrait plus !
« Nous appelons ainsi ces textes qu'un sujet produit lorsque, de façon spontanée ou en réponse à une sollicitation, il commente un texte précédent. Nous parlons de glose et non de paraphrase, afin de réserver ce dernier terme à une activité réglée, donc contrôlée par l'observateur, alors que la glose renvoie à la pratique langagière du sujet énonciateur. »
(Culioli, Systèmes de représentations linguistiques et métalinguistiques, 1981)L'implicature conversationnelle est un terme de la linguistique pragmatique forgé par le philosophe Paul Grice, qui explique ce concept à l'aide de ses maximes . Elle se réfère à ce qui est suggéré ou signifié par un locuteur, de façon implicite. L'implicature n'est pas une propriété sémantique de l'énoncé lui-même, contrairement à une présupposition implicite de celui-ci. Par exemple, en énonçant la phrase « Marie a eu un bébé et s'est mariée », le locuteur suggère que Marie a d'abord eu un bébé, puis s'est mariée. Mais cet énoncé demeure vrai, au sens strict, sémantique, si elle s'était d'abord mariée, avant d'avoir un bébé. Si on ajoute la proposition « pas forcément dans cet ordre » à cette phrase, alors son sens n'est pas altéré, mais l'implicature disparaît.
La notion d'implicature diffère de celle, utilisée en pragmatique, d'implication. Par exemple, l'énoncé « le président a été assassiné » ne suggère pas simplement qu'il est vrai que le président est mort, mais exige cela. En outre, une implication ne peut être annulée, contrairement à une implicature qui peut disparaître si on ajoute une proposition.
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