Glossaire de termes en linguistique
A
C D E H I L M N O P Q R S T
Termes sélectionnés: 55 page 1 of 3
Acte de langage
Un acte de langage, selon les philosopnes de langage Austin et Pierce, est un moyen mis en œuvre par un locuteur pour agir sur son environnement par ses mots : il cherche à informer, inciter, demander, convaincre, promettre, etc. son ou ses interlocuteurs par ce moyen.

Anaphore
Reprise ou référence à un élément antécédant dans le contexte linguistique.
S'oppose à: Cataphore
Voir aussi: Référence
Argumentation
L'argumentation désigne les procédés linguistiques que l'énonciateur met en place pour défendre son point de vue.

Cataphore
Une cataphore est un élément linguistique qui renvoie sémantiquement à un élément conséquent du contexte à venir dans l'énoncé.

S'oppose à: Anaphore
Voir aussi: Référence
Commentaire
Énonciation dans laquelle le point de vue subjectif de l'énonciateur est marqué, notamment par des modalités non assertives.

S'oppose à: Constat
Connecteur
Au sens large, on appelle connecteur tout marqueur linguistique permettant de relier logiquement deux éléments langagiers. Cependant sa définition varie selon les théories.

Constat
description par un énoncé assertif.

ex. Il fait beau

S'oppose à: Commentaire, Performatif
Contexte
Le contexte ( ou co-texte) fait référence à tous les éléments langagiers qui entourent une unité linguistique qu'ils soient phonétiques, morphologiques, lexicaux, syntaxiques ou discursifs . Le contexte est de ce fait en contraste avec la situation qui renvoie au monde extra-langagier dans lequel s'inscrit la production langagière.

Synonyme: Co-texte
S'oppose à: Situation
Voir aussi: Anaphore
Coopération

Selon H. Paul Grice, tout comportement humain est régi par un principe de coopération. C'est notamment le cas lors de la conversation à travers quatre maximes fondamentales héritées de Kant (quantité, qualité, relation (pertinence), manière) :


« Nos échanges de paroles sont le résultat, jusqu'à un certain point au moins, d'efforts de coopération; chaque participant reconnaît dans ces échanges (toujours jusqu'à un certain point) un but commun ou un ensemble de buts, ou au moins une direction acceptée par tous. Ce but ou cette direction peuvent être fixés dès le départ (par exemple par la proposition initiale de soumettre une question à la discussion), ou bien peuvent apparaître au cours de l'échange; ils peuvent être relativement bien définis, ou assez vagues pour laisser une latitude considérable aux participants (comme c'est le cas dans les conversations ordinaires et fortuites). Mais à chaque stade certaines manœuvres conversationnelles possibles seraient en fait rejetées comme inappropriées du point de vue conversationnel. Nous pourrions ainsi formuler en première approximation un principe général qu'on s'attendra à voir respecté par tous les participants: que votre contribution conversationnelle corresponde à ce qui est exigé de vous, au stade atteint par celle-ci, par le but ou la direction acceptés de l'échange parlé dans lequel vous êtes engagé » (H. P. Grice, 1979).

Deixis
La Deixis : est une notion linguistique directement empruntée du grec deiktikos, qui signifie « action de montrer ». Catégorie de la référence à l'énonciation. Les déictiques sont définis comme des unités linguistiques dont le sens implique obligatoirement un renvoi à la situation d'énonciation pour trouver le référent visé. Les déictiques au sens strict ne recouvrent pas tous les embrayeurs. Le terme "déictique" impliquant une monstration est plutôt réservé aux adverbes de temps et de lieux, liés à l'énonciation : ici, aujourd'hui, demain...

Synonyme: Embrayeur
Discours
Le discours est lié à la situation d'énonciation subjective et à la deixis ; certains pronoms comme « je » et « tu » sont susceptibles d'être employés ainsi que certains temps verbaux.

Discours rapporté

Le discours rapporté consiste, pour l'énonciateur, à citer les propos ou les pensées d'un autre énonciateur hors situation.

Selon son degré de prise en charge des propos ou des idées de l'autre, l'énonciateur utilisera divers moyens syntaxiques :

    1. Citation directe :

    Le style direct permet de rendre compte et de rapporter des propos sans s'impliquer du point de vue de la prise en charge. Pour ce faire il utilise la juxtaposition.

    Il a dit : « Il n'est pas beau, ton dessin ! »


    2. La citation indirecte

    Par la citation indirecte l'énonciateur s'implique plus sur sa prise en charge les propos rapporté. Le moyen syntaxique utilisé est la subordination :

    Il prétend qu'il viendra.
    (mais, le connaissant, je ne pense pas qu'il viendra.
    ( prise en compte)

    Pierre m'a annoncé qu'on va partir.
    (prise en charge)

    Prendre en charge, c'est dire ce qu'on considère ou donne comme vrai. Notons que le mensonge est toujours possible même si les faits sont donnés comme vrais. La prise en charge peut être simulée.

    Le rapport entre style direct et style indirect est en fait la possibilité de jouer sur la prise en charge.


    3. Le discours intérieur libre

    Il s'agit d'un effet de style introduit dans les romans au XIXe siècle.

    On introduit dans le texte un élément mimant l'échange dialogique. Il y a une combinaison entre le style indirect et l'évocation d'un dialogue ou d'un monologue intérieur. Il n'y a pas de prise en charge de la part de l'auteur-énonciateur.

    Le moyen syntaxique utilisé est alors la phrase simple ou la juxtaposition de phrases simples :

    C'était décidé, il en avait assez, il ne la reverrait plus !

Domaine notionnel
Une notion est un faisceau de propriétés physico-culturelles (ex. humanité) à partir de laquelle on construira une classe d'occurrence (ex. classe des humains) appelé domaine notionnel comprenant un intérieur, un extérieur et une frontière. Si la notion est envisagée qualitative, il sera possible de construire un gradient (en plus ou moins, selon que l'occurrence s'identifie ou s'éloigne du centre typique du domaine). On dit alors que le repérage se fait en intension/extension.

Domaine notionnel

Échelles argumentatives
Théorie de Ducrot selon laquelle la structure des énoncés, au sens le plus étroitement grammatical du terme, contient, indépendamment des informations qu’ils donnent, des indications sur le type de conclusions qu’ils peuvent servir. Ainsi un énoncé comme « J'ai peu d'argent. »(polarité négative) a, du point de vue de l'argumentation, une polarité inversée à «j'ai un peu d'argent. » (polarité positive).
Embrayeur
L'embrayeur (traduction de l'anglais "Shifter") a pour fonction d'articuler l'énoncé sur la situation d'énonciation. On range sous cette appellation les déictiques spatiaux (ici, là...), temporels (aujourd'hui, hier) , les pronoms personnels (je, tu.....), les démonstratifs (ce, cette) et les possessifs (mon, ton). Ces mots ont en effet la particularité de changer de "sens" suivant la situation d'énonciation. Pour faire bref, il s'agit des mots qui appartiennent au discours et non au récit ; ceux dont le repère se situe dans le moment de l'énonciation (maintenant, hier) et non dans l'énoncé (alors, la veille).

Synonyme: Déictique
Énonciateur
Selon la Théorie des Opérations Énonciatives de Culioli, l'énonciateur est l'instance à l'origine de la prise en charge et du point de vue par rapport au contenu du dire. Il ne doit pas être confondu avec le locuteur (ou au scripteur) en chair et en os à l'origine de la production matérielle des énoncés. Un énonciateur implique toujours un co-énonciateur. La production se fait en fonction d'une reconnaissance

S'oppose à: Locuteur
Épilinguistique
Culioli définit l'épilinguistique comme une activité métalinguistique non consciente. Elle repose fondamentalement sur des gloses spontanées.

« Nous appelons ainsi ces textes qu'un sujet produit lorsque, de façon spontanée ou en réponse à une sollicitation, il commente un texte précédent. Nous parlons de glose et non de paraphrase, afin de réserver ce dernier terme à une activité réglée, donc contrôlée par l'observateur, alors que la glose renvoie à la pratique langagière du sujet énonciateur. »

(Culioli, Systèmes de représentations linguistiques et métalinguistiques, 1981)

Histoire
Dans le récit historique, selon Benveniste, la situation d'énonciation n'est pas prise en compte, l'énonciateur fait comme si les événements se racontaient d'eux-mêmes. Le passé simple ne sera utilisé que dans des conditions de récit, et les seuls pronoms personnels qui pourront être employés sont : « il », « elle », « ils » et « elles ».
Synonyme: Récit historique
S'oppose à: Discours
illocutoire
La force illocutoire porte sur intention de l'énonciateur en ce qui concerne le type d'information contenue dans l'énoncé : - déclaration, - promesse, - interdiction...
Voir aussi: locutoire, perlocutoire
Implicature

L'implicature conversationnelle est un terme de la linguistique pragmatique forgé par le philosophe Paul Grice, qui explique ce concept à l'aide de ses maximes . Elle se réfère à ce qui est suggéré ou signifié par un locuteur, de façon implicite. L'implicature n'est pas une propriété sémantique de l'énoncé lui-même, contrairement à une présupposition implicite de celui-ci. Par exemple, en énonçant la phrase « Marie a eu un bébé et s'est mariée », le locuteur suggère que Marie a d'abord eu un bébé, puis s'est mariée. Mais cet énoncé demeure vrai, au sens strict, sémantique, si elle s'était d'abord mariée, avant d'avoir un bébé. Si on ajoute la proposition « pas forcément dans cet ordre » à cette phrase, alors son sens n'est pas altéré, mais l'implicature disparaît.

La notion d'implicature diffère de celle, utilisée en pragmatique, d'implication. Par exemple, l'énoncé « le président a été assassiné » ne suggère pas simplement qu'il est vrai que le président est mort, mais exige cela. En outre, une implication ne peut être annulée, contrairement à une implicature qui peut disparaître si on ajoute une proposition.

Énonciation et pragmatique Glossaire de termes en linguistique
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